Coolife H953 - GardePro E5 - Browning Recon Force Elite HP4 / HP5 - GardePro A3 - Remarques générales - Batteries - WiFi et cellulaire - Conclusion - Résultats - Analyses, étudesQuelques exemples de pièges photos ci-dessous, qui n'existeront peut-être plus quand vous lirez ces lignes, car de nouveaux modèles apparaissent tout le temps (j'en ai déjà retiré la moitié, car désormais introuvables et/ou hors service), pour illustrer un choix grand public au début des années 2020 ! Pour ceux qui ne craignent pas le vol ni la facture, des marques plus "professionnelles" sont sans doute préférables, offrant parfois un service après-vente prolongé.
Coolife H953
dim : 14 x 10 x 6.5 cm ; α : 60° ; détect. : 0,1 sec / 35 m.
Capteur de 5,4MP ; vidéo AVI 2,7K (4K à 10fps) ; micro SD jusqu'à 512 Gb.Détection assez rapide, plusieurs oiseaux pris en vol dans de bonnes conditions ; la distance de détection annoncée est par contre peut-être un peu optimiste ?Bonne qualité d'image et vidéo le jour et la nuit, la meilleure netteté effective en vidéo de nuit sur les modèles testés.Efficace, malgré quelques semaines sans déclenchements (froid, ou changements de températures ?).Cartes micro SD faciles à égarer dans la nature, parfois difficiles à manipuler.Les batteries durent entre 2 jours et 11 mois...
Encore en service après 5 ans sur le terrain, nouveau modèle similare.
GardePro E5
dim : 14,5 x 10,9 x 7,6 cm ; α : 70° ; détect. : 0,1 sec. / 30 m.
Capteur de 4MP ; vidéo MP4, MOV 1296 px ; carte SD max 256 Gb.Bonne qualité d'image si bon exemplaire ; l'éclairage IR "invisible" de 940 nm est très bien réparti.La détection fonctionne à bonne distance, mais ne paraît pas exceptionnellement rapide.Conception et ergonomie agréables, toujours fiable après plusieurs années, hélas sur mon exemplaire la réalisation interne semble bâclée (capteur mal aligné, soudures refaites, senseurs PIR sales), la netteté des images excellente à gauche mais floue au centre et à droite. Sans doute un mauvais exemplaire.Entre 1 1/2 et 5 mois par pack de batteries, avec déclenchements assez fréquents.
Encore en service après 5 ans sur le terrain.
Browning Recon Force Elite HP4 / HP5
dim : 12,7 x 7,6 x 5,1 cm ; α : 41° ; détect. : 0,1-0,7 sec. / 18-25 m.
Capteur de 4MP ; vidéo 1080 px (1440 px pour la HP5) « 60 fps; carte SD max 512 Gb.Détection fiable, peu de photos vides, ni périodes sans photo.Bonne qualité d'image, photos nettes de nuit (jusqu'à 1/120ème sec.) en mode flash rapide.Pas de mode mixte photo et vidéo ; enregistrement vidéo diurne possible aussi longtemps qu'il y a du mouvement (de nuit limite à 20 sec.) ; pas d'USB ; température affichée 3°C trop élevée ; plastique sensible aux UVs.Excellente durée des batteries, plus de 2 ans en mode photo (moins pour la HP5).
Hélas l'affichage LCD a finalement cessé de fonctionner, et le service après-vente de Browning m'a dit ne pas stocker cette pièce de rechange, tout en refusant de me communiquer les références pour un écran de rechange à plusieurs reprises...
GardePro A3
dim : 15,5 x 11,2 x 7,6 cm ; α : 63° ; détect. : 0,1 sec / 25 m.
Capteur Sony de 4MP ; vidéo MP4, MOV 1080 px ; carte SD max 128 Gb.Détection de mouvement rapide, quelques oiseaux en vol, la seule parmi toutes les pièges testés à avoir pris une belette/hermine à distance, ainsi que de nombreux micro-mammifères !Bonne qualité d'image de jour & sensibilité acoustique nettement au-dessus du lot (par temps calme), même si le traitement numérique est parfois moins convaincant, image et son.IR "invisible" de 940 nm.Autonomie des batteries entre 5 et 12 mois.
IR rapidement défectueux sur 1er exemplaire, et après 4 ans le 2ème n'est plus fonctionnel...
Remarques générales
: la table ci-dessus représente mes meilleures expériences de pièges photos après plusieurs années d'usage, mais il existe de nombreux autres modèles et marques !Un point qui peut être important est l'angle de vue, qui varie du simple au triple, de 40° à 120°. Un angle plus large a cependant un grossissement plus faible, les animaux apparaîtront plus petits, donc il est souvent plus approprié dans un espace réduit. Il y aura un compromis à faire !Ci-dessus : l'angle de vue très variable et distance théoriques de déclenchement de ces modèles. Attention, les données sont celles annoncées par les fabricants ou les vendeurs, à prendre avec des pincettes, donc. La Coolife ne déclenche pas à plus grande distance que la GardePro A3 pour les exemplaires testés...Ne pas s'attarder sur la taille maximum annoncée des images, seule la taille et la résolution du capteur compte vraiment, et c'est en général la résolution minimale annoncée !Techniquement tous ces boîtiers sont de conception proche avec les LEDs infra-rouges, caméra et capteur(s) de mouvement (généralement les mêmes dans tous les pièges), une partie qui s'ouvre ou se détache pour accéder aux piles et commandes.Les LEDs "invisibles" sont surtout intéressantes pour échapper aux yeux des humains, en contrepartie elles offrent un peu moins de puissance d'éclairage. Pour la faune le problème est surtout les petits bruits, audibles à plusieurs mètres, produits par le déplacement du filtre IR devant le capteur :Les animaux, surpris, restent parfois figés devant la caméras comme ici...Dans ce cas des capteurs/objectifs distincts pour le jour et la nuit éviterons le problème, mais le cadrage n'est parfois pas exactement le même entre les 2 caméras...+ Les menus et fonctions sont assez similaires sur tous les modèles décrits, avec une partie réglages, et la possibilité de consulter les images sur le mini-écran et de les supprimer. La Browning offre 1-2 modes supplémentaires, mais impossible d'y enregistrer photos et vidéos ensemble !+ Des alimentations ou batteries externes de 6V peuvent être connectées par prise 3,5/1,3mm, 12 V pour la Gardepro en 4 /1,7 mm. La Browning accepte aussi les accus.+/- Une prise USB (sauf la Browning) permet de transférer les fichiers vers un ordinateur portable sur le terrain, mais la vitesse de transfert est limitée (10-15 MB/sec), hélas il est impossible d'utiliser l'USB pour visualiser la caméra afin de cadrer plus précisément, ou d'accéder aux réglages.+/- 8 batteries AA qui ont duré entre 2 jours et 5 mois en mode photo & vidéo avec quelques déclenchements/vidéos par jour (et les batteries ont été changées avant d'être complètement vides). Une utilisation en mode photo permet de prolonger ces durées, 3 ans avec la Browning, avec des photos tous les jours !- Les cartes SD sont souvent un peu difficiles à saisir et retirer ou insérer sur le terrain, sauf la E5. C'est pire pour la micro-SD. On peut amener une tablette pour copier les fichiers par la prise USB, mais une carte pleine prendra alors trop de temps (vidéos .AVI plus lourdes) et la plus récente de Browning n'a même plus de prise USB, et n'accepte pas (toutes) les cartes micro-SD avec adaptateur SD... Sur une tablette PC de 2020, compter 10-15 MB/sec pour les transferts USB piège => tablette (pour les modèles décrits ci-dessus), et 60 MB/sec à 1,5 GB/sec pour le lecteur micro-SD intégré.- La numérotation des fichiers est peu pratique, elle se remet à 0 si on change ou vide les cartes, et on se retrouve avec des noms en double sur l'ordinateur. Il n'y a pas de possibilité de nommer les fichiers selon la date et l'heure, ni d'ajouter un préfixe (le nom de la caméra par exemple). Pour un suivi des observations il faudra s'organiser ou utiliser un programme afin de gérer tous ces fichiers sur l'ordinateur (voir plus bas).Batteries non fournies, cartes SD non fournies sauf sur la Coolife avec une 32 Gb.
Batteries
: pour les pièges photo, j'ai obtenu les meilleurs résultats avec des batteries alcalines de Lidl/Aldi, environ 5 € les 8 piles AA.D'autres marques plus connues, ainsi que des rechargeables type Eneloop (NiMH, 1,2 V, pas compatibles avec tous les pièges) n'ont pas donné les mêmes résultats, même si elles durent plus longtemps avec d'autres équipements.Pour les longues périodes de gel, où les alcalines perdent (provisoirement) de leur capacité, ainsi que pour une durée maximum à n'importe quel prix, des batteries au Lithium seront préférables.Intéressant pour le froid, les rechargeables Li-Ion, particulièrement les XTAR 1,5V AA CLR 4300, environ 35-40 € les 8, il faudra cependant un chargeur compatible, soit encore 20-25 €. et encore des accus de rechange si le piège reste sur le terrain... c'est à dire près de 20 x le prix de 8 alcalines ! Donc certainement pas une solution économique pour un usage normal.
WiFi et cellulaire
: pour mon utilisation "naturaliste" le cellulaire n'offre pas vraiment d'avantages, bien que des solutions avec I.A. permettent de cibler des espèces pour éviter d'être noyé de SMS sans intérêt, cela reste un peu anecdotique.La WiFi et le cellulaire permettent de cadrer plus aisément lors de la pose grâce à l'écran du smartphone, et de vérifier des pièges placés dans une position difficile d'accès, mais à moins de panneaux solaires il faudra tout de même y accéder tôt ou tard.
Conclusion
: globalement satisfaisants, mais hélas pas de modèle "parfait", problèmes de contrôle qualité et de durabilité (la moitié des pièges sont hors service après 2-3 ans).Au niveau performances la Gardepro A3 semble légèrement au-dessus du lot, au moins pour la sensibilité de détection et le son, la qualité d'image nocturne est moyenne ; bonne durée des batteries. Hélas sur mes exemplaires l'un n'a pas fonctionné correctement la nuit pendant des semaines donc une garantie est nécessaire ! Il manque aussi un passage pour éventuel câble python, mais des boîtiers de protection existent si la sécurité est vraiment un problème.La Coolife H953 semble d'un bon niveau, détection sans doute un peu au-dessous de la Gardepro (surtout l'hiver ?), mais images plus nettes, surtout de nuit, avec un son correct mais bien moins sensible, et 2 sets de batteries ont été vidés assez rapidement avant qu'elle ne fonctionne enfin normalement plusieurs mois sur les mêmes batteries.Un modèle idéal aurait l'ergonomie de la Gardepro E5 (fermeture, touches/commandes, connexion d'alimentation fixe lorsqu'on ouvre la porte), avec les performances et le son de l'A3, l'image de la Coolife H953, et peut-être une plus petite taille ! La Browning remplirait presque ces conditions, pas de problème de fonctionnement, très régulière, excellente durée de vie des batteries, dommage qu'il manque l'USB et l'option photo + vidéos présents sur tous les autres pièges testés, et le prix est 2 x plus élevé que les autres (baisses fin 2024 ?) !Ci-dessus : tous les pièges photo hors service après 2 ans (ou moins) d'utilisation. De gauche à droite, Toguard, Secacam, Toguard, Gardepro... J'ai laissé les Gardepro dans le tableau initial en raison des performances, et la A5 fonctionne encore..
Résultats
: pièges placés à la campagne sur une zone très limitée, une bonne partie des mammifères locaux ont été photographiés en quelques semaines, ainsi que certaines espèces dont j'ignorais la présence !Les plus communs sont les renards, les chevreuils, et les chats errants ! Ce trio est sans doute en tête un peu partout en Europe. Tous avaient été aperçus visuellement depuis longtemps, comme l'écureuil. La fouine et le blaireau sont aussi rapidement photographiés, ainsi que des rats et plusieurs espèces de rongeurs, même des chauve-souris qui apparaissent lors de séquences déclenchées par d'autres animaux... Plus surprenant, plusieurs martres - je ne soupçonnais même pas la présence de martres, bien que des crottes laissaient suspecter des animaux de cette taille. Après plusieurs mois une Belette ou Hermine, microscopique sur l'image, puis un groupe de sangliers (qui a essayé de manger le piège !), un Lièvre avec une seule oreille... Il a fallu 6 mois pour enfin avoir un Hérisson ! et en plein hiver, ce qui est rare car le hérisson hiverne, les fortes pluies et un redoux ont du chasser celui-ci hors de son refuge... Un seul Lapin de Garenne, après environ 1 année, malgré des traces régulières !Oiseaux divers et variés, ci-dessus : un Pic-vert pris en vol par la Coolife ! la Hulotte est régulièrement enregistrée, Geai, Ramier, Merle et Grive, quelques Buses, un Épervier ! les passereaux sont souvent trop petits pour être identifiés correctement sur ce genre de caméra, à moins de la placer spécialement pour eux, devant une mangeoire, perchoir ou nichoir. Dans ce cas il est parfois possible d'ajuster la distance focale, voir ci-dessous sous "études"...Certaines espèces semblent plus compliquées à prendre, Hermine/Belette, Lapin et Putois n'ont déclenché les pièges qu'une seule fois (3 x le Putois maintenant !), malgré des signes de présence régulière... Mais à ce point seule la Genette (voir plus bas) repérée par ses crottes échappe encore aux pièges...Le Loup et le Chacal ont été signalés dans le canton en 2021, mais ils semblent plutôt accidentels pour l'instant, comme pourraient l'être le Cerf, le Daim, le Lynx, qui se cantonnent habituellement à des zones plus sauvages, et plus proches du Jura - bien que des Chamois soient désormais observés en plaine, certainement des tentatives d'échapper aux meutes de loups en altitude.Fouine et renard, Coolife H953.Chevreuil avec la GardePro A3. Le son est le meilleur des 6 caméras, mais par fort vent il peut être inutilisable.La résolution est réduite par rapport à l'original, sinon les vidéos sont trop lentes à lire sur le serveur... les vidéos limitées à 10 sec. mais il est possible d'enregistrer des séquences bien plus longues.De jour aussi l'image peut être trop contrastée, d'où l'intérêt de la diriger vers le nord (ici à 19h du soir la lumière en sous bois n'est pas idéale) :Ci-dessus : couple de renards à la mare.Il est possible d'avoir de meilleures images si les conditions s'y prêtent et si on prend soin de positionner la caméra dans ce but, pour ma part je cherche surtout à voir quelles espèces passent par là...Ci-dessus : couple de martres à la mare, fin avril (aussi observé en mai l'année suivante, précédemment aussi couple en octobre, donc toujours en dehors de la période de reproduction, mais cela reste l'exception, 99+% des observations sont des animaux solitaires).Comme le nom l'indique il s'agit de pièges photo, il ne faut pas en attendre de miracles en terme de qualité d'image, les photos sur cette page sont prises dans des sous-bois sombres même de jour, parfois avec un appareil de 30-40 € qui fonctionne 24/24 par tout temps. Ci-dessus : 3 jeunes chouettes hulottes qui jouent avec des pommes de pin ! Gardepro A3.Si on veut une qualité type "National Geographic", il faudra se tourner vers des systèmes avec barrière infra-rouge, utilisant de vrais boîtiers et flash photo ou vidéo, avec des batteries externes...Fouines à la mare, Coolife.Renard et chauve-souris, Toguard H-20.Dans de bonnes conditions et avec un peu de chance, on peut cependant récolter des informations plus précises sur la faune, par exemple en notant le comportement de la martre sur 2 vidéos proches, il semble possible de distinguer 2 individus différents :2 martres différentes au même endroit en 1-2 heures, vu la période, ce pourrait être une observation intéressante concernant cette espèce dans cette zone.Ici une harde de sangliers s'est soudain intéressée au piège photo, pour une raison inconnue (d'autres sangliers étaient déjà passés là sans avoir cette réaction) : vidéo sangliers contre trail camera. Cette scène est un argument pour l'utilisation de boîtiers de protection en métal. Ici le piège couvert de boue paraissait intact, mais en regardant de près, le côté du boîtier et de la porte du piège sont très légèrement déformés, et le rebord du panneau des LEDs est abrasé comme si une lime avait enlevé 1/2 mm d'épaisseur de plastique ! On imagine les dégâts que d'autres animaux pourraient causer.Un conseil à ce sujet, si ce genre d'incident vous arrive, si vous voyez que le piège est "sale", essayez de ne pas le toucher directement avec les mains, ou de les laver rapidement !La Genette échappe pour l'instant aux pièges, avec des crottes à 17 mètres d'une Gardepro, et pratiquement dans le champ de vision ! Pareil pour l'Hermine qui semble pourtant bien présente vu les marquages réguliers. Les méthodes traditionnelles gardent donc tout leur intérêt pour certaines espèces, notamment ces petits prédateurs !Finalement après plus de 3 ans le Putois fait une courte apparition, à la mi-octobre ! Cela fait un bon moment que je suspectais des visites de sa part, suites à des marquages inhabituels, donc j'étais particulièrement satisfait d'en avoir la preuve ! Mauvaises images, mais la silhouette et la queue ne laissent pas de doute sur le genre Mustela, la forme du museau et surtout le poil de bourre plus clair sur les côtés de l'abdomen, sont caractéristiques. Le masque blanc et noir est peu visible, peut-être en raison de l'éclairage infra-rouge, ou un jeune ?Le Putois réapparaît 4 mois plus tard ! Un peu de chance, enfin une photo de meilleure qualité ! On voit la différence entre la fourrure d'été et d'hiver. Ce n'est pas une espèce très rare dans la région ("seulement" 2 x moins d'observations que la Martre en Suisse sur Gbif et 6 x moins que la Fouine), mais il est surtout observé près des cours d'eau, ou victime de la circulation sur les routes...Enfin encore une bonne surprise l'année suivante, après une vidéo de qualité exécrable en 2021, quelques marquages, enfin des photos qui permetten une identification sûre :La Belette (Mustela nivalis) en mars 2026 ! Browning HP4. Minuscule au point que j'ai du agrandir l'image d'origine, mais l'absence de pinceau noir sur la queue, très courte, et la délimitation une peu irrégulière entre le brun du dos et le blanc du ventre ne laissent pas de doute.
Analyses, études
: avec le temps les photos s'accumulent et fournissent des données sur la présence et le comportement des animaux qui peuvent être intéressantes - même si les espèces présentées ici à titre d'exemple sont communes, donc l'intérêt limité. Si l'on veut essayer d'en tirer des informations utiles, il faut être rigoureux, et noter soigneusement les emplacements des caméras, dates de placement (voir les "directives" du WWF [1]), vérifier la date et l'heure sur chaque caméra, conserver les enregistrements originaux en répertoires séparés pour chaque caméra, etc.Pour un usage d'amateur naturaliste, le principal intérêt est de dresser un inventaire des espèces, c'est la seule mesure "scientifique" - sachant que les plus petites échapperont aux pièges. En effet, estimer la densité est plus difficile sans identification d'une proportion importante d'individus, et demande plus de pièges, espacés et disposés selon certains critères (et c'est encore plus compliqué pour les études de diversité).En plus des espèces, on peut noter aussi les horaires de passage, parfois des caractères individuels chez certains animaux, ce qui fournit plus d'informations sur leur nombre, on voit aussi des animaux blessés ou malades, avec des proies, quelques interactions entre individus ou espèces différentes... Dans le cadre "amateur", à moins de poser de nombreux pièges, le volume d'observations reste modéré. Le plus simple est sans doute de classer les photos dans des répertoires ordonnés selon une hiérarchie simple : Site/ » Caméras/ » Espèces/ (qui contiennent les photos).Vu le problème des noms de fichiers qui se répètent à chaque changement de carte, j'ai d'abord utilisé un petit script/batch Windows à chaque importation de carte SD pour renommer les photos d'un répertoire en ajoutant la date et l'heure au début du nom de fichier, et désormais un utilitaire Python qui importe et renomme directement les données SD/piège dans le bon répertoire, sur le terrain (sur une tablette avec USB et lecteur SD). Il faut ensuite visualiser ces photos avec un explorateur (Windows photo, FastStone ou autre), afin de supprimer les photos sans animaux et les doubles. Il est ainsi facile de s'y retrouver et de noter ces observations (espèce, date/heure, caméra) sur un fichier texte ou feuille de calcul, ou de les importer dans un logiciel spécialisé (voir plus bas) pour le suivi des espèces. On dispose ainsi de toute l'information pour étudier l'évolution de la présence selon le lieu, la saison, les heures, etc. ou autre traitement de données.
Répartition horaire et mensuelle des observations :Mustélidés, blaireau, fouine et martre.La fouine a un pic d'activité au milieu de la nuit, le blaireau présentait des pics de présence en début et fin de nuit, un site se trouvant peut-être sur un trajet qui le mène plus loin, mais la tendance s'est amenuisée... la martre est censée être aussi diurne, mais elle se tient sans doute plus dans les zones de forêt, haut dans les arbres dans cette campagne assez fréquentée durant la journée.Les 3 espèces les plus fréquentes, renard, chevreuil, chat domestique.
Espèces non prédatrices, lièvre, écureuil, sanglier...Nombre d'observations par mois :Mustélidés. Le blaireau est très actif en février, les poursuites nuptiales se multiplient, alors que les jeunes fouines sortent à partir de la mi-juin.La baisse d'activité en mai-juin s'explique peut-être par l'abondance de proies, qui demande moins de déplacements, et les soins aux jeunes ?Lièvre, écureuil, sanglier...Difficile de dire pour l'instant si l'activité mensuelle de ces espèces sera régulière.Renard, chevreuil, chat domestique.La baisse marquée au mois de mai pour les espèces sauvages est peut-être explicable par des raisons comme le pic de la période de reproduction et l'abondance de nourriture qui limitent les déplacements, ainsi que les nuits plus courtes. Ensuite les populations augmentent avec l'arrivée des jeunes.Pour les chats hélas, on voit un pic d'activité qui s'élève avec la période des nids et des jeunes de la faune locale...
. . .
Évolution multi-annuelle des observations :Des graphiques seraient aussi intéressants, bien qu'il faudrait tenir compte de la variation du nombre de pièges.Une 1ère observation est évidente même sans calculs ni graphiques, au printemps 2023 la présence de la Fouine s'est totalement effondrée (après vérification on passe d'une moyenne mensuelle de 20 en 2021 et 18 en 2022, à 9 en 2023, et 2 seulement en 2024 !), possiblement un signe de piégeage dans les environs. J'espérais que cela encouragerait la Genette à revenir fréquenter la région, mais pour l'instant rien de notable (excepté une possible crotte isolée en 2024). Par contre il y a eu quelques passages du Putois en 2024-2025, et une martre s'est installée dans la région (individu reconnaissable à sa tache blanche) faisant exploser les comptes.Pour enregistrer ces données il existe des programmes permettant de "taguer" directement chaque photo (espèce, âge, individu, milieu, etc), gratuits comme Aardwolf et Camelot [2] (pas de lecture des vidéos), et avec des procédures un peu rigides, par exemple avec Camelot il est impossible d'ajouter des données du passé de façon simple aux sets existants, ou d'intégrer d'autres observations que les photos. Les images sont stockées dans une structure de répertoires totalement inutilisables en dehors du système utilisé (Derby), ce qui oblige à les conserver en double si on veut les consulter sans le programme (le mieux est sans doute de juste conserver celles qui ont un intérêt particulier).Plus récemment le programme Biowatch [3] intègre la reconnaissance visuelle, une interface cartographique et les analyses (similaires à celles présentées ci-dessous) dans la même application fonctionnant en mode local, mais je ne l'ai pas encore testée...
Statistiques par espèce :
Espèce
Nb.
Nombre obs. indépendantes (20 min.)
Ind.
Noct.
Renard roux
5549
40.56
84
Chevreuil
2752
20.12
67
Rongeurs
1127
8.24
100
Chat
1000
7.31
37
Lièvre
841
6.15
62
Écureuil
603
4.41
3
Fouine
531
3.88
99
Blaireau
516
3.77
100
Martre
403
2.95
94
Sanglier
213
1.56
98
Hulotte
70
0.51
95
Chien
57
0.42
7
Hérisson
12
0.09
100
Putois
4
0.03
100
Lapin de Garenne
1
0.01
100
Belette
1
0.01
0
Ci-dessus : résultats pour les espèces les plus courantes après quelques années d'observations sur une parcelle d'environ 1 hectare, campagne avec bois, prairie, friches, activités humaines... D'autres espèces manquent dans cette table car le programme Camelot n'accepte que les photos, pas les vidéos ni les observations notées manuellement.À noter que l'index d'abondance n'est significatif que du nombre d'observations, pas du nombre d'animaux ni de leur densité (les chats sont aussi présents que les renards, mais ils se déplacent moins et plus lentement, donc passent moins souvent devant les pièges), il ne s'agit pas du nombre d'individus, mais d'observations séparées par un intervalle de temps arbitraire, par exemple 20 minutes ou 1 heure.À titre d'exemple, pour les résultats par année, le nombre de caméra change, certaines sont tombées en panne ou ont été dérobées, donc les totaux ne sont pas comparables... On voit aussi la baisse des observations pour le Chat et la Fouine, alors qu'une Martre s'est installée dans les environs en 2025, et les observations sont beaucoup plus fréquentes !(cliquer sur les 3 points)
Espèce
Nb.
Nombre obs. indépendantes (20 min.)
Ind.
Noct.
Renard roux
612
42.03
82
Chevreuil
385
26.44
62
Lièvre
104
7.14
41
Martre
75
5.15
86
Sanglier
65
4.46
95
Blaireau
65
4.46
98
Rongeurs
64
4.4
94
Écureuil
47
3.23
6
Chat
17
1.17
24
Fouine
15
1.03
100
Chien
3
0.21
0
Hulotte
2
0.14
100
Hérisson
1
0.07
100
Belette
1
0.07
0
Ci-dessus : résultats pour 2026 (janvier - juillet)
Espèce
Nb.
Nombre obs. indépendantes (20 min.)
Ind.
Noct.
Renard roux
729
40.93
76
Chevreuil
289
16.23
73
Rongeurs
284
15.95
97
Martre
164
9.21
90
Lièvre
129
7.24
64
Blaireau
59
3.31
86
Chat
45
2.53
33
Écureuil
33
1.85
12
Fouine
22
1.24
91
Sanglier
17
0.95
100
Chien
5
0.28
20
Putois
3
0.17
100
Hulotte
2
0.11
100
Ci-dessus : résultats pour 2025
Espèce
Nb.
Nombre obs. indépendantes (20 min.)
Ind.
Noct.
Renard roux
911
41.67
80
Chevreuil
430
19.67
71
Rongeurs
275
12.58
93
Lièvre
138
6.31
64
Chat
111
5.08
38
Écureuil
108
4.94
4
Blaireau
102
4.67
99
Martre
57
2.61
96
Fouine
22
1.01
100
Hulotte
13
0.59
92
Chien
12
0.55
0
Sanglier
5
0.23
100
Putois
1
0.05
100
Hérisson
1
0.05
100
Ci-dessus : résultats pour 2024
Espèce
Nb.
Nombre obs. indépendantes (20 min.)
Ind.
Noct.
Renard roux
1003
37.71
86
Chevreuil
533
20.04
63
Rongeurs
303
11.39
100
Chat
271
10.19
40
Lièvre
131
4.92
61
Fouine
113
4.25
99
Blaireau
102
3.83
100
Écureuil
95
3.57
4
Sanglier
47
1.77
81
Martre
23
0.86
100
Hulotte
20
0.75
71
Chien
15
0.56
0
Hérisson
4
0.15
100
Ci-dessus : résultats pour 2023
Espèce
Nb.
Nombre obs. indépendantes (20 min.)
Ind.
Noct.
Renard roux
1662
41.09
85
Chevreuil
823
20.35
58
Chat
346
8.55
29
Lièvre
316
7.81
63
Écureuil
238
5.88
2
Fouine
215
5.32
99
Blaireau
160
3.96
100
Rongeurs
156
3.86
100
Martre
50
1.24
88
Sanglier
31
0.77
73
Hulotte
29
0.72
97
Chien
12
0.3
30
Hérisson
6
0.15
100
Lapin de Garenne
1
0.02
100
Ci-dessus : résultats pour 2022
Espèce
Nb.
Nombre obs. indépendantes (20 min.)
Ind.
Noct.
Renard roux
491
38.63
88
Chevreuil
242
19.04
68
Chat
203
15.97
49
Fouine
143
11.25
99
Écureuil
78
6.14
4
Sanglier
40
3.15
75
Blaireau
28
2.2
96
Martre
22
1.73
100
Chien
10
0.79
0
Rongeurs
9
0.71
88
Hulotte
4
0.31
100
Lièvre
1
0.08
100
Ci-dessus : résultats pour 2021
. . .
Non seulement les renards représentent déjà la majorité des observations, mais en plus ils viennent se livrer à leurs ébats devant les caméras...Par exemple les chats (domestiques) qui sont la seule espèce que l'on peut distinguer de façon certaine au niveau individuel, ne sont environ que 5 individus différents dans les statistiques de cette parcelle, et 3-4 forment à eux seuls la grande majorité des observations ! En dehors des chats et des chiens, les autres espèces sont à peu près impossibles à distinguer au niveau individuel, en dehors d'individus blessés par exemple, ou avec des marques atypiques comme des chevreuils avec des bois particuliers. Seules les martres semblent avoir la tache claire à la gorge qui diffère d'un individu à l'autre, mais sur bon nombre de photos elles sont difficiles à distinguer.Des différences entre individus sont aussi visibles chez les sangliers, les renards, mais seulement sur de bonnes photos, donc pas de façon certaine...2 Fouines en février, en dehors des périodes de reproduction et d'élevage. Portée de l'année précédente, jumeaux, ou couple ?2 Renards en septembre, soit en dehors des périodes de reproduction et d'élevage, rare mais pas vraiment exceptionnel.2 Martres en octobre, peut-être une portée de la saison (reproduction en juillet-août, implantation différée 6-7 mois, 1-2 mois de gestation, puis 3 mois d'élevage par la mère).
507
0
511
1
476
2
509
3
488
4
514
5
747
6
658
7
461
8
267
9
194
10
34
11
41
12
28
13
30
14
36
15
157
16
378
17
609
18
687
19
687
20
672
21
649
22
615
23
Ci-dessus : répartition horaire des observations, tous mois et toutes espèces confondues : on note que le maximum d'observations se fait au crépuscule et à l'aube, ou en début et fin de nuit.Brocard.À ce jour seule la fouine semble avoir un pic d'activité vraiment nocturne, centré autour de 2-4 h du matin (au milieu de la nuit), bien que j'ai pu en croiser une en pleine journée à proximité d'un crottier, peut-être dérangée par mon arrivée. En journée les chevreuils, renards, lièvres, et surtout écureuils, sont parfois observés. Il y a longtemps que je n'ai plus vu d'hermine ou de lapin sans les pièges photo ou les fèces... Le comportement très nocturne de certaines espèces dans cette zone, comme la martre ou le lièvre, est certainement en partie causé par l'activité humaine durant la journée : exploitations, promeneurs, chiens...Enfin certains pièges doivent être désactivés sur la plage 11 h - 16 h car ils se déclenchent trop souvent suite à des mouvements de végétation et d'ombres.Cela explique le replat entre ces heures, mais la tendance à une baisse majeure au milieu de la journée est évidente, au-delà de ces horaires.
1
0
13
1
6
2
3
3
7
4
3
5
2
6
0
7
0
8
0
9
0
10
0
11
0
12
0
13
0
14
0
15
0
16
1
17
5
18
8
19
10
20
5
21
4
22
1
23
Ci-dessus : répartition horaire des observations pour la Chouette Hulotte. Le nombre total d'observations est un peu limité pour tirer des conclusions, mais malgré une activité qui s'étend sur toute la nuit, la majorité des observations se situent au crépuscule et début de la nuit.D'autres programmes existent, tous un peu anciens, Aardwolf 1&2, CPW Photo Warehouse (pas essayé, fonctionne avec MS Access), ou des applications "modernes" incluant reconnaissance visuelle, certains nécessitent des inscriptions en ligne et autres obligations..Une fois le travail de catalogage effectué, il faudra encore traiter ces données pour en tirer les graphiques ou autres études statistiques... les scientifiques utilisent surtout l'environnement R pour cela (voir par exemple camtrapR [4], mais c'est plutôt complexe pour un usage non professionnel.Il existe aussi des programmes payants à destination des chasseurs, pour prévoir par exemple où se trouveront les animaux en tenant compte de la météo ou de la saison - programmes peut-être un peu dépassés avec l'arrivée des pièges photo cellulaires qui permettent de suivre en temps réel la présence d'animaux.Enfin concernant les animaux de très petite taille qui doivent donc être très près de l'objectif, insectes et même petits mammifères, il est possible d'adapter certains de ces pièges en réglant la distance focale. Pour les hermines et belettes par exemple certains chercheurs placent des caméras dans des tubes qui forcent les animaux à passer près de l'objectif (ces animaux aiment bien pénétrer dans des cavités). Les Gardepro présentées ici ont leur lentille fixée sur un support réglable, ce qui permet d'ajuster directement la distance de mise au point souhaitée après avoir démonté le piège :Intérieur du piège : l'objectif à gauche (entouré d'un cercle rouge, les capteurs PIR marqué de flèches rouges) est monté sur un pas de vis, qu'il suffit de tourner pour régler la m.a.p. Autre alternative, toujours suivant le principe des bagues de macrophotographie, sur certains pièges il est possible d'intercaler de fines couches entre le capteur d'image et l'objectif, une étude sur les nids d'oiseaux [5] explique comment procéder.Pour les pièges qui ne disposent pas de ces possibilités, le plus simple pour du court terme est de placer et fixer une lentille Fresnel type macro sur l'objectif.Une dernière note pour mentionner les "Mostelas", une boîte avec tunnel pour photographier les petits mustélidés, qui échappent souvent aux pièges photo dans une configuration normale.
Récemment il semble impossible de commander directement sur les sites US des marques Browning, Bushnell, Coolife, en raison de restrictions EAR, même pour des modèles non-cellulaire, sans I.A. Et les prix sont souvent beaucoup plus élevés chez les revendeurs en Europe...Il reste parfois possible de trouver certains modèles sur eBay, chez Trailcampro.com, ou chez des spécialistes photo comme Focus Camera, Adorama ou B&H.